How to make your own work open access (French translation)

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Comment diffuser vos travaux en accès libre

Note. Ceci est la traduction française (avec légères modifications), réalisée par Marc Couture, du texte de Peter Suber, How to make your own work open access, diffusé sous Creative Commons CC BY sur le site du Berkman Klein Center de l’Université Harvard.

Les modifications apportées au texte original, dans sa version du 8 novembre 2017, sont les suivantes.

  • L'introduction a été légèrement reformulée pour distinguer le texte original de cette traduction.
  • Les informations et explications s'adressant exclusivement aux membres de Harvard ont été omises.
  • La discussion portant sur le pourcentage d'auteurs ayant dû payer eux-mêmes des frais de publication a été simplifiée et légèrement enrichie.

Introduction

  • Peter Suber a d'abord rédigé ces notes en guise d'accompagnement en ligne pour une présentation faite le 23 octobre 2012 au Berkman Klein Center; depuis, il les révise et les met à jour régulièrement.
    • Ces notes portent essentiellement sur l'accès libre (AL), ou accès ouvert, aux articles de recherche évalués par les pairs et à leurs versions pré-publication non encore évaluées. Elles ne traitent pas de l'accès libre aux livres, aux mémoires et thèses, aux communications à des congrès, aux ensembles de données, au matériel de cours en ligne, au matériel audiovisuel ou au code source. Avec le temps, des pages portant sur ces autres catégories pourraient s'y ajouter.
    • L'auditoire de la présentation était formé de membres de Harvard, d'où les références occasionnelles à cette université dans le texte original. Cependant, les documents cités peuvent être utiles à tous. Le titre complet de la présentation était d'ailleurs How to Make Your Research Open Access (Whether You're at Harvard or Not), ou Comment diffuser votre recherche en accès libre (que vous soyez ou non de Harvard).
    • Maintenant que ces notes sont disponibles en ligne, Peter Suber vous invite à lui faire parvenir vos suggestions (en anglais, SVP).
    • Ces notes devraient être plus utiles que les diapositives de la présentation : les notes originales sont maintenues à jour, et tant celles-ci que leur traduction contiennent des phrases complètes et des liens vers les sites cités. Toutefois, si cela vous intéresse, le diaporama (en anglais) est aussi disponible.
    • Vous pouvez également consulter le chapitre 10 (« Auto-assistance ») de la version française de l'ouvrage de Peter Suber, Open access (MIT Press, 2012), parue sous le titre Qu'est-ce que l'accès ouvert (OpenEdition, 2016), de même que les mises à jour du chapitre 10 (en anglais). Notez que tant l'ouvrage que sa traduction française sont en accès libre.
  • L'adresse URL abrégée des notes originales (en anglais) est : bit.ly/how-oa

Publier dans une revue en accès libre (voie dorée, Gold OA)

  • Repérez une revue en accès libre (AL) appropriée. Pour ce faire, visitez le site du Directory of Open Access Journals (DOAJ) et parcourez les divers domaines et disciplines.
    • Gardez à l'esprit que certaines revues en AL se distinguent sur le plan de la qualité, de l'influence et du prestige, d'autres non. À cet égard, les revues en AL ne sont pas différentes des revues conventionnelles (non en AL).
    • Certaines revues en AL utilisent des licences utilisateur ouvertes très généreuses telle CC BY. D'autres emploient des licences plus restrictives, telles CC BY-NC ou CC BY-NC-ND. D'autres encore n'offrent que la gratuité de l'accès, sans licence utilisateur, ce qui signifie qu'il n'en coûte rien pour les lire, mais qu'elles publient sous le régime « tous droits réservés ».
    • Certaines revues en AL facturent des frais de publication, aussi appelés frais de traitement d'article (article processing charges, ou APC), d'autres non.
  • Si la revue qui vous convient le mieux impose des frais de publication, vérifiez si l'organisme qui vous finance ou votre employeur peuvent assumer ces frais. (En pratique, ces frais sont le plus souvent assumés par les organismes de financement ou les employeurs, plutôt que par les auteurs eux-mêmes).
    • Il n'existe pas de liste complète des organismes de financement qui acceptent d'assumer les frais de publication pour les auteurs qui bénéficient de leur soutien. Vous pouvez parcourir la liste partielle de BioMed Central, ou celle de Nature Research, partielle également mais plus exhaustive. Si l'article que vous voulez publier découle d'une recherche financée, contactez directement l'organisme de financement.
    • De nombreuses universités offrent d'assumer les frais de publication pour les membres de leur corps professoral.
    • Si vous craignez d'avoir malgré tout à payer vous-mêmes ces frais, voici quelques données qui pourront vous rassurer. Bien que les frais de publication représente, pour les revues en AL avec évaluation par les pairs, le modèle économique le plus connu, ce n'est pas le plus répandu. Environ 30 % seulement des revues en AL avec évaluation par les pairs facturent des frais de publication. De plus, selon le rapport de synthèse de l'étude Study of Open Access Publishing (SOAP), à laquelle ont participé des dizaines de milliers d'auteurs, ces frais étaient le plus souvent assumés par les organismes de financement ou les universités. Seulement 6 % de l'ensemble des répondants ayant publié dans des revues en AL avaient dû payer eux-mêmes ces frais. Les données disponibles avec le rapport révèlent que ce pourcentage variait de manière importante selon les domaines, allant de 1-3 % en sciences humaines et sociales et en physique, à 10 % en médecine et en agriculture.
    • Pour comparer les frais imposés par différentes revues, et examiner le lien entre ces frais et l'influence de chaque revue, consultez le site FlourishOA.
    • Pour savoir si une revue donnée facture des frais de publication, consultez le Directory of Open Access Journals (DOAJ). Si la revue ne s'y trouve pas, reconsidérez la décision d'y publier votre article. Voir aussi le point suivant touchant l'évaluation de la qualité d'une revue que vous ne connaissez pas.
  • Si vous avez trouvé une revue en AL dans votre domaine qui semble par ailleurs appropriée, mais dont vous n'avez jamais entendu parler, menez votre propre enquête, en consultant au besoin des collègues de confiance.
    • Cherchez les noms du ou des rédacteurs en chef et des membres du comité éditorial. Reconnaissez-vous parmi eux des personnes dignes de respect?
    • Mais surtout, parcourez un bon nombre d'articles parus dans la revue. Vous paraissent-ils de bonne qualité? Seriez-vous fier d'y être associé, ou au contraire embarrassé?
    • La revue est-elle indexée dans le Directory of Open Access Journals (DOAJ)? Si oui, vous pouvez décider de lui faire confiance, ou encore poursuivre votre enquête. Consultez à cette fin les textes suivants : celui-ci, celui-ci et celui-ci, qui décrivent les mesures mises en place par DOAJ pour éliminer les revues douteuses.
    • Informez-vous régulièrement auprès des sites suivants : Cabell's, JournalGuide, JournalReviewer, Peer Review Evaluation (PRE), Quality Open Access Market (QOAM), SciRev, et Think-Check-Submit, qui luttent tous contre ce problème.
      • Ne postulez pas que les revues peu ou pas connues sont de piètre qualité. Une faible notoriété n'est pas nécessairement un signe de qualité déficiente, surtout pour les nouvelles revues, et les revues en AL sont en moyenne plus récentes que les revues conventionnelles. Les revues nouvellement fondées, en AL ou non, sont aux prises avec un cercle vicieux : ils ont besoin d'excellents articles pour bâtir leur réputation, mais il faut une bonne réputation pour attirer d'excellents articles. Ne blâmez pas une revue pour n'avoir simplement pas encore réussi à s'extirper complètement de ce cercle vicieux. Concentrez-vous sur sa qualité, dans la mesure où vous pouvez l'évaluer. Même une revue qui excelle déjà à sa naissance a besoin de temps pour que sa réputation reflète cette qualité. Vous pouvez aider une nouvelle revue honnête et peu connue, qui cherche à acquérir de la visibilité, à sortir du cercle en lui soumettant certains de vos meilleurs travaux. Dans les termes du Faculty Advisory Council on the Library de Harvard (avril 2012), faites partie de ceux qui « apportent du prestige à l'accès libre ».
    • L'éditeur qui publie la revue est-il membre de l'Open Access Scholarly Publishers Association (OASPA)? L'OASPA s'est dotée d'un bon code de conduite. Celui-ci requiert la présence de l'évaluation par les pairs, de même que la transparence quant au processus de validation et de sélection, aux frais de publication et à la propriété de la revue; il interdit également la sollicitation par courriel d'articles ou de participation au comité éditorial. Voir aussi à ce sujet le texte DOAJ Principles of Transparency. D'honnêtes et excellents éditeurs ne sont pas encore membres de l'OASPA, ou ne sont pas encore indexés dans DOAJ. Nous devons les encourager à joindre ces organismes. Si votre enquête sur une revue donnée ne vous a pas fourni d'indice permettant de trancher dans un sens ou dans l'autre, adoptez cette règle simple : évitez les éditeurs qui ne sont pas membres de l'OASPA et les revues non indexées dans DOAJ. N'hésitez pas à les informer de votre décision. Cela les encouragera à joindre ces organisations et à se conformer à leurs normes de fonctionnement.
    • Si une revue en AL qui vous est inconnue vous invite à y publier ou à joindre son comité éditorial, répondez simplement que vous y réfléchirez quand l'éditeur aura joint l'OASPA ou que la revue sera indexée dans DOAJ.
  • Lorsque vous avec trouvé une revue en AL appropriée, soumettez votre manuscrit comme pour n'importe quelle revue conventionnelle.
  • Si vous ne trouvez pas une revue en AL convenable, vérifiez de nouveau au moment de soumettre votre prochain article. Les choses bougent vite dans le monde de l'accès libre.
    • Ne concluez pas pour autant qu'il est impossible de diffuser votre article en accès libre. Si vous ne choisissez pas la voie dorée (revue en AL), vous pouvez le publier dans une revue conventionnelle, tout en diffusant votre manuscrit, dans sa version évaluée par les pairs, en ayant recours à la voie verte (répertoire en AL). Tous les détails dans la prochaine section.

Déposer dans un répertoire en accès libre (voie verte, Green OA)

  • Essayez de trouver un répertoire en AL qui convient à vos documents de recherche.
  • S'il n'y a pas de répertoire en AL dans votre établissement ou votre domaine, songez à utiliser un répertoire universel tels Zenodo, OpenDepot ou GitHub.
    • Vous pouvez aussi diffuser vos documents sur votre page ou site web personnel. Cependant, les répertoires constituent de meilleures solutions à long terme car ils offrent des mesures de préservation numérique et fournissent des permaliens. De plus, ils sont mieux indexés par les moteurs de recherche, et ils continueront à héberger vos documents et à les diffuser en accès libre si vous changez d'employeur... et même après votre mort.
    • Les répertoires en AL à but non lucratif sont préférables aux sites commerciaux tels Academia.edu et ResearchGate. Voir à ce sujet les excellentes explications offertes par l'Université de Californie et par Kathleen Fitzpatrick.
  • Commencez par vos nouveaux documents, que vous déposez au fur et à mesure que vous les terminez. Puis, lorsque vous disposez d'un peu de temps, déposez vos documents plus anciens.
    • Quand vous déposez de nouveaux documents, faites-le au moment de leur acceptation. C'est à ce moment-là que vous avez en main le manuscrit évalué par les pairs (vous n'en avez pas encore perdu la trace) et que vous avez à l'esprit le désir d'en accroître la diffusion (vous n'êtes pas encore engagé dans un autre projet).
  • La plupart du temps, vous pouvez diffuser légalement vos articles en accès libre via un répertoire, même si vous les avez publiés dans des revues conventionnelles. Cela est possible pour deux raisons.
    1. Premièrement, la plupart des éditeurs conventionnels autorisent d'emblée la diffusion par la voie verte.
    2. Deuxièmement, plusieurs universités et établissements de recherche ont adopté des politiques qui permettent de recourir à la voie verte même quand les éditeurs ne l'autorisent pas d'emblée.
    • Malheureusement, ces deux vérités sont parmi les secrets les mieux gardés de l'accès libre. Ils se heurtent à certains des mythes les plus répandus à son sujet, par exemple que l'accès libre se résume à la voie dorée, que publier dans une revue conventionnelle empêche de diffuser en accès libre, que tous les droits requis appartiennent à l'éditeur, et que les éditeurs conventionnels ne cherchent ni à s'adapter à la réalité de l'accès libre, ni à respecter le désir des auteurs de diffuser leurs travaux en accès libre.
    • Une conclusion importante, notamment pour les chercheurs en début de carrière : certaines revues en AL comptent parmi les meilleures dans leur domaine, que ce soit sur le plan des citations, des mesures alternatives d'impact (altmetrics), des téléchargements ou de la réputation. Et leur nombre ne cesse de croître. Toutefois, certains comités d'embauche, de promotion ou d'octroi de permanence refusent d'inclure des revues en AL parmi les plus prestigieuses dans le domaine. Si cela vous affecte (étant donné votre domaine ou le comité qui étudie votre candidature), et si le « sceau d'approbation » d'une revue prestigieuse est nécessaire pour l'avancement de votre carrière, ne croyez pas pour autant que vous devrez faire un compromis entre l'accès libre et votre carrière. Au pire, si compromis il y avait, ce serait plutôt entre la voie dorée et votre carrière. N'oubliez pas l'option de la voie verte, et n'hésitez pas à en tirer profit. Publiez dans la meilleure revue qui acceptera votre article. (Obtenez ou conservez le poste qui vous permettra de militer de l'intérieur en faveur de l'accès libre). Si cette revue n'est pas en AL, déposez le même article simultanément dans un répertoire en AL.

Autorisations

  • Quelle que soit la voie que vous choisissez, verte ou dorée, la revue ou le répertoire a besoin d'une autorisation pour diffuser votre article en accès libre. Mais qui peut fournir cette autorisation? La réponse varie selon la manière dont les droits sur votre article ont été gérés à la suite de sa rédaction.
  • Quand vous avez rédigé un nouvel article, vous êtes le titulaire du droit d'auteur. Vous n'avez pas à en faire la demande ni à l'enregistrer. C'est automatique. Si vous n'avez pas déjà cédé de droits à quelqu'un d'autre, c'est vous qui pouvez autoriser la diffusion en accès libre.
    • Vous pouvez autoriser la publication dans une revue en AL (voie dorée), ce qui se fait tout simplement en signant le contrat publication.
    • Vous pouvez autoriser la diffusion en accès libre, via un répertoire (voie verte), de votre manuscrit non publié (prépublication, ou preprint). Il suffit d'en effectuer le dépôt. Si vous voyez une case demandant de confirmer que vous avez le droit d'autoriser la diffusion accès libre, cochez-la. Cependant, si vous déposez un article déjà publié, vous aurez alors probablement cédé certains droits, voire les droits d'auteur complets, à un éditeur. Dans ce cas, lire ce qui suit.
  • Si vous déposez un article déjà publié dans un répertoire, ce dernier a besoin de l'autorisation du titulaire du droit d'auteur.
    • Si vous avez conservé les droits requis lors de la publication, ce qui arrive rarement, vous pouvez autoriser vous-même le répertoire à diffuser votre article en accès libre. Vous n'avez alors pas besoin de consulter l'éditeur, ni même de l'impliquer d'une façon ou d'une autre dans cette opération.
    • Si vous avez cédé ces droits à l'éditeur, ce qui est le plus fréquent, vous avez besoin de son autorisation.
    • Toutefois, la plupart des éditeurs conventionnels (non en AL) autorisent d'emblée les auteurs à recourir à la voie verte.
      • Pour déterminer si la revue ou son éditeur fournit ce type d'autorisation, consultez le contrat de publication, ou cherchez la revue ou l'éditeur dans la base de données SHERPA RoMEO.
      • La plupart du temps, cette autorisation de la voie verte s'applique à la version de l'article approuvée après évaluation par les pairs, appelée parfois manuscrit auteur accepté (accepted author manuscript, ou AAM), mais non à la version publiée, celle que diffuse l'éditeur. Pour profiter de cette autorisation, vous devez mettre la main sur ce manuscrit. D'où ce conseil pour l'avenir : quand vous publiez un article, conservez toujours votre manuscrit accepté, et déposez-le dans un répertoire en AL au moment de son acceptation.
      • SHERPA a également préparé une liste restreinte d'éditeurs qui autorisent d'emblée le dépôt de la version diffusée par l'éditeur dans un répertoire en AL.
    • Si la revue ou son éditeur n'autorise pas d'emblée la voie verte, vous pouvez employer une des stratégies suivantes.
      • Demandez l'autorisation. Plusieurs des éditeurs qui n'autorisent pas d'emblée la voie verte acceptent les demandes individuelles.
      • Employez un addenda de l'auteur. Ce document est une proposition de modification du contrat de publication, rédigée par un avocat, qui donne à l'auteur le droit d'autoriser la diffusion en accès libre (et parfois certains droits supplémentaires). Comme il s'agit seulement d'une proposition de modification, les éditeurs peuvent l'accepter ou la refuser.
  • Pour avoir l'autorisation de diffuser vos futurs articles en accès libre sans vous en remettre aux politiques et décisions des éditeurs, travaillez à la mise en place dans votre établissement d'une politique d'accès libre de style Harvard.
    • Le Harvard Open Access Project (HOAP) peut vous aider dans cette tâche. Voir aussi HOAP guide to good practices for university OA policies. (Note : ce guide a été rédigé et est maintenu à jour par Stuart Shieber et Peter Suber).
    • En vertu des politique d'accès libre de style Harvard, les professeurs accordent à l'établissement des droits non exclusifs sur leurs articles scientifiques à venir, incluant le droit de les diffuser en accès libre via le répertoire institutionnel. Cela permet aux professeurs de diffuser légalement leurs travaux en accès libre...
      • même quand ils publient dans une revue conventionnelle (non en AL),
      • même quand cette revue n'autorise pas d'emblée le recours à la voie verte, et
      • même quand les professeurs n'ont pas négocié d'autorisation ou de conditions d'accès particulières avec les éditeurs.